Rheebu Nuu :
Le message de Pii Kon Dââ Bôa Ouawen le 12 avril 2008
Remerciements : Le conseil des clans de Ouara-ile Ouen, les clans de l’ile des Pins et de Goro et le comité RHEEBU NUU remercie pour leurs contributions, leurs engagements et leurs participations à la journée-12 avril 2008-de la mise en place du bois tabou désormais appelé « Pii Kon Dââ Bôa – Ouawen » :
Les sénateurs coutumiers et les représentants des aires emmenés par le président du sénat et les sénateurs coutumiers,
Le Conseil national pour les droits du peuple autochtone (CNDPA-KNC) et les associations
CNDPA-Drehu, CRI de Nengone et MÊÊRHARÎ de Bâ à Wawilou,
Le syndicat des pêcheurs du lagon emmené par sa présidente et les membres du bureau qui ont participé avec leurs outils de travail (bateaux) au transport des personnes, au détriment de leurs activités professionnelles,
Les commissions communales des droits autochtones et des droits de l’homme des communes de Maré et de Yaté,
Les pêcheurs de l’IleOuen et de l’Ile des Pins qui ont participé activement à la préparation et à la réalisation de l’évènement de ce 12 avril ainsi que le transport des personnes au détriment de leurs
activités normales,
Les syndicats USTKE et CSTNC ,
Le CODEFSUD et les membres physiques des différentes associations de défense de
l’environnement,
Les donateurs anonymes ,
Les délégations et les quelques 600 à 700 personnes qui ont fait le déplacement et qui ont fait de cette journée, une réussite à tout point de vue.
Messages : Cette journée marque une étape importante dans le combat mené depuis 2002 pour que ce projet industriel d’un type nouveau et expérimental respecte les 4 piliers du développement durable et reconnaisse les droits du peuple autochtone du sud.
Le«PiiKonTââBôa-Ouawen» planté le 12 avril 2008, comme son grand frère «Göö Vare Kande Guè Hei » planté le 12-13-14 juillet 2002, porte la même parole et message coutumier :« Vale Inco, arrêtez les travaux du tuyau de rejet en mer ! vous devez dialoguer et trouver autre chose que cette solution laquelle, menace pour nous, notre existence même et notre vie ».
Il apparaît clairement, que ce qui nous garantirait notre existence, nos traditions et préserverait notre biodiversité marine, c’est l’inscription du domaine maritime du Sud au patrimoine mondial de l’humanité et cette décision est attendue pour le mois de juillet durant la session du comité UNESCO prévu du 02 au 10 juillet au Quebec-Canada.
Il est par ailleurs logique et incontournable qu’un dossier présenté à l’UNESCO sans l’existence matérielle d’un tuyau de rejet d’eaux industrielles polluées de métaux lourds est totalement différent d’un dossier présenté avec un tuyau construit avant l’examen du dossier par le comité ad hoc . Le tuyau remet en cause les chances du dossier d’inscription au patrimoine mondial.
Le14 juillet 2008 pour le 6ème anniversaire de Gôô vare kan, il s’agira pour nous autochtones du sud et de Rhéébù Nùù de trancher définitivement sur l’acceptation ou non de l’usine Goro Nickel sur la base du principe de la déclaration des nations unies adoptée et reconnue par la France en septembre 2007, portant sur « le consentement préalable et éclairé des populations autochtones et donc des clans du
grand sud et de Rhéébù Nùù».
Les autochtones présents et les membres des clans du Grand Sud ont affirmé leurs déterminations et leurs engagements pour que la parole portée par « Pii Kon Tââ Bôa –Ouawen » soit respecté. Aucune reprise des travaux de pose du tuyau en mer, ne sera engagée avant que l’inscription du site maritime au patrimoine mondial ne soit effective et sans le consentement préalable des clans de l’Ile Ouen, de Goro, de l’Ile Ouen et de Rhéébù Nùù.
Aucun fonctionnement de l’usine ne sera possible, sans que le « consentement préalable et éclairé des clans et chefferies concernées et du comité RHEEBU NUU ne soit donné et d’une manière définitive » et la date du 14 juillet 2008 sera déterminante.
Le comité RHEEBU NUU a lancé l’appel au pied de « Pii Kon Tââ Bôa-Ouawen » pour que les mobilisations pacifiques notamment se préparent car il semble que l’industriel Vale Inco a décidé de forcer la voie avec ses méthodes traditionnelles, la division des kanak et des politiques ainsi que la pratique habituelle de mettre au pieds du mur , l’Etat Français, le système judiciaire et ses forces de l’ordre.
Raphaêl MAPOU et André VAMA
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